Rencontre avec Arnaud Laprévote, PDG de Lybero.net

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Que fait votre société ?

Lybero« Nous proposons un logiciel pour serveur web permettant la mise en place, pour une organisation, d’un service de transfert et de stockage chiffré de fichiers . Les échanges chiffrés de bout en bout fonctionnent avec l’intérieur et l’extérieur de l’organisation sans installation de logiciels (tout est fait par le navigateur web), sans échange de mot de passe, avec un très haut niveau de sécurité pour les interlocuteurs. Cela s’intègre facilement avec les mails.

Les organisations sont autonomes dans leur gestion du serveur. Elles disposent d’une capacité de recouvrement des informations (si un utilisateur l’accepte) souple et sure, totalement respectueuse des règlements de protection des données privées. »

Quelle est la technologie cœur de métier ?

« Nous utilisons un chiffrement particulier issu de travaux liés au vote électronique. Lorsqu’une organisation chiffre une information, elle le chiffre généralement 2 fois. Une fois pour le destinataire de l’information et une autre pour l’organisation. La clé de l’organisation permet l’accès à toutes les informations de l’organisation. Elle est très précieuse, et une mise sous-contrainte de quelqu’un ayant accès à cette clé est un très bon moyen pour pouvoir accéder à toutes les informations de l’organisation. Notre système cryptographique permet d’avoir un recouvrement qui est autorisé par un quorum d’administrateurs de secrets (par exemple 3 sur 5)  via la demande d’un tiers. Il y a une séparation cryptographique entre l’autorisation d’accès et l’accès. Cette solution permet aussi de faciliter la gestion quotidienne du système (gestion de  la perte de mot de passe ou de phrase de passe). »

Quelles ont été les évolutions majeures de votre secteur ces (50) dernières années ?

« D’une discipline réservée d’abord à la défense et à l’état, le chiffrement est descendu dans la rue et dans les poches. Zone sécurisée avec clés symétriques dans les téléphones, SLL/TLS pour les transmissions, le chiffrement est d’une utilisation quotidienne et transparente. Pourtant il se heurte encore à des contraintes : il commence seulement à intégrer directement les processeurs et les architectures, il peut avoir des trous (failles SSL/TLS régulières …). »

Quelles seront les évolutions de votre domaine dans les cinquante prochaines années ?

« Le chiffrement est le seul moyen réel de protection de l’information numérique. Le chiffrement évoluera, mutera pour se protéger. Mais il est certain qu’il sera omniprésent (cache des processeurs, mémoire vive, stockages locaux ou distants, transmission) et  sûr, avec des caractéristiques (le compromis performance / sécurité) adapté à chaque étape. »

Comment, selon vous, Inria participe-t-il à l’évolution des recherches en sciences du numérique et quelle est son originalité ?

« Inria est un organisme vivant qui se transforme constamment, c’est, par rapport à d’autres organismes, une chance énorme. La seule chose qui ne change pas c’est le changement car Inria l’applique chaque jour. Cela permet à la fois de la liberté individuelle et en même temps une coordination des travaux et des moyens nécessaires (moyens de calculs, ingénieurs) pour pousser la validation des travaux de recherche le plus loin possible. L’implication et ses moyens de  valorisation  sont aussi des caractéristiques originales d’Inria, dans le paysage français. »

Comment, Comment voyez-vous le monde numérique dans 50 ans ?

« Shadow ou halo computing : l’informatique nous suivra, anticipera ce que nous faisons. Elle sera omniprésente au quotidien mais quasi invisible. J’espère que les interactions avec les écrans seront globalement différentes. Par exemple, si je veux transmettre un texte que je viens de taper, la machine me proposera à qui le transmettre. »

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© Lorn Tech / Arnaud Laprévote

 

À propos de l'auteur

Laura Bernard

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