3 questions à Véronique Cortier, Directrice de recherche au CNRS

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Le 18 janvier s’est tenu au Numa Paris, le Café Techno “Peut-on avoir confiance dans le vote électronique ?” avec Véronique Cortier, Directrice de recherche au CNRS Loria au sein de l’équipe Cassis.
Les récentes élections ont soulevé les faiblesses récurrentes du vote « classique », dont l’abstention qui est devenu un problème préoccupant. Quelles mesures sont envisageables pour pallier ces problèmes ? Pourrait-ont mettre en place dès maintenant le vote électronique ? Pourrait-on tout simplement avoir confiance dans le vote électronique ?
C’est entre autres, à ces questions d’actualité qu’ a répondu Véronique Cortier lundi 18 janvier au Numa. Rencontre.

Selon vous, aujourd’hui, la mise en place du vote en ligne est-elle techniquement possible?

Véronique Cortier : “Techniquement, de nombreuses solutions de vote électronique sont proposées. Ainsi, le vote électronique est couramment utilisé pour les élections au sein des mutuelles, dans différents conseils ou encore pour élire les représentants du personnel au sein d’une entreprise. Ces systèmes sont en général opaques : les électeurs ne peuvent pas en connaître le fonctionnement et n’ont aucun moyen de s’assurer personnellement que le résultat proclamé est le bon. Dans notre équipe, au sein du laboratoire Loria, nous développons une plateforme de vote, Belenios, qui cherche à garantir à la fois la confidentialité et la vérifiabilité du scrutin. Cependant, même Belenios est loin d’être parfait. Un des verrous du vote électronique est la sécurité des ordinateurs utilisés par les électeurs. En effet, un virus installé sur l’ordinateur d’un électeur pourrait révéler le vote de l’électeur à un tiers voire même le modifier.”

Finalement Véronique Cortier, êtes-vous pour ou contre le vote électronique ?

Véronique Cortier : “Le vote traditionnel à l’urne tel qu’il est organisé en France offre d’excellentes garanties en termes de confidentialité et de transparence : l’isoloir protège le vote de l’électeur et le dépouillement, public, permet à tout observateur de vérifier le décompte des voix. En termes de sécurité, le vote à l’urne tel qu’il a lieu pour des élections politiques comme les présidentielles ou les municipales est préférable au vote électronique. ll ne faut cependant pas opposer vote électronique et vote papier. En effet, le vote par correspondance offre en général très peu de garanties. D’autre part, le vote à l’urne est contraignant car il demande une surveillance constante de l’urne et plusieurs observateurs indépendants. Ces conditions ne sont pas toujours réunies. Il est donc important de comparer le vote électronique avec le système mis en place.”

Téléchargez la présentation de Véronique Cortier lors du café techno

BIOGRAPHIE
C’est à l’ENS de Cachan que Véronique Cortier obtient son doctorat en informatique en mars 2003. La même année, elle entre au CNRS comme chargée de recherche affectée au laboratoire LORIA. En novembre 2009, Véronique Cortier est habilitée à diriger des recherches en informatique. L’année suivante, en octobre 2010, elle devient directrice de recherche CNRS. Véronique Cortier est également fondatrice et responsable du groupe de travail Verif, au sein du GdR-IM. Elle est à l’origine de 21 publications scientifiques et est intervenue à 53 reprises lors de conférences internationales. Elle a récemment reçu le Prix Inria – Académie des sciences du jeune chercheur.

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Laura Bernard

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