Portrait d’Anthony Assi, Architecte Cloud Computing chez VCE

Dans le cadre de la Jam Session annuelle, les alumni Inria se réuniront le 28 novembre prochain, à Paris pour discuter et partager autour d’un sujet d’actualité. Enjeux économiques et sociétaux, problématiques industrielles et thématiques de recherche … Autant de questionnements qui graviteront autour du thème : « Le cloud et ses applications ».

 

Anthony Assi, actuellement Architecte Cloud Computing chez VCE et ex Inria, basé aujourd’hui au coeur de la Sillicon Valley aux Etats-Unis a tenu à participer à cet échange. Passionné, il nous parle des enjeux liés à son métier et de son parcours professionnel coloré cloud computing, big data et HPC.

En quoi consiste votre métier chez VCE ?

« VCE est la Joint Venture entre Cisco et EMC avec la participation de VMware et d’Intel. Cette alliance s’est construite sur la volonté de crée et adresser le marché de l’Infrastructure cloud convergée. A ce jour VCE est le leadeur du marché.

 

Au sein de VCE, je m’occupe d’assister les grandes entreprises à reconcevoir l’architecture de leur Data Center Cloud. Mon territoire de couverture a évolué, et ce fut très intéressant.
En 2011 j’ai couvert le marché français, j’ai aidé des grandes entreprises du CAC40 à comprendre le modèle à venir, à concevoir leur nouvelle architecture cloud et à consommer d’une nouvelle manière leurs ressources informatiques. Puis le territoire Européen, avec un focus sur les pays émergents, et enfin, le territoire du moyen orient, ou j’ai assisté plusieurs entreprises à concevoir et déployer leurs infrastructures cloud, en un temps record. Actuellement je couvre le territoire de la Californie, où siègent la majorité des plus grandes entreprises technologiques mondiales.

 

Le type de solution cloud que je conçois pour mes clients est une solution complète, clé en main qui s’intègre au système et à l’architecture d’entreprise existant.

 

C’est un nouveau type de métier, qui a émergé depuis quelques années, et qui requiert un large spectre de compétences très poussées. Personnellement, j’ai développé une bonne partie de cette expertise chez Inria, dans le merveilleux monde de la R&D, bien avant que le monde de l’industrie ne le requiert. »

Les principaux enjeux de votre métier ?

« La conduite du changement ainsi que l’adaptation rapide et surtout l’acceptation de nouveaux modes de travail ! »

Votre citation favorite « Contrôler le système d’information d’une organisation vous permet de contrôler le comportement des employés ainsi que leur productivité », pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

« Aujourd’hui, l’informatique ainsi que les nouvelles technologies sont au coeur des entreprises, ces dernières se retrouvent complètement dépendantes. Une erreur informatique, ou l’indisponibilité du système d’information peut générer des pertes financières colossales.

 

Ce que j’ai souvent remarqué, c’est qu’une mauvaise implémentation d’un système d’information, ou la mauvaise implémentation informatique d’un processus métier auprès des employés peut impacter directement ainsi qu’indirectement la productivité des collaborateurs, et donc le revenu financier de l’entreprise. Ceci étant dit, le déploiement du cloud au sein d’une entreprise est donc très critique. »

En ce qui concerne l’avenir de votre métier ?

«  »Everything is about the cloud today”, je précise bien « about » et pas « in ». Et le fait que ce n’est pas « in » encore, montre qu’il reste pleins de défis à relever dans le domaines de la recherche, et pleins d’outils à développer dans le domaine de l’industrie et donc pleins d’opportunité à saisir.

 

L’impact économique commence à se sentir au sein des entreprises, et les départements financiers des entreprises se heurtent à une évolution de leurs modèles et doivent se transformer pour imprégner ces nouveaux modèles de consommation et surtout de facturation. L’industrie va certes finir par arriver à cette adoption évidente, mêmes si certaines entreprises décalent l’adoption interne, mais avec le temps, la jeune génération de nos jours, qui est « full cloud » va arriver en entreprise et va induire ces changements.

 

J’aime comparer l’impact économique du cloud, à l’impact économique du commerce en ligne ou « e-commerce » ».

Que retenez-vous de votre passage chez Inria ?

« L’évolution fulgurante des biotechnologies a complètement bouleversé la manière d’appréhender les recherches liées aux sciences de la vie. L’extraction d’informations biologiques pertinentes à partir des masses de données issues du séquençage haut débit, implique désormais une algorithmique de pointe capable de relever les défis applicatifs apportés par ces nouvelles technologies. Le besoin en capacité de calcul et de plateformes informatiques ultra puissantes ultra scallable et hautement disponibles, type HPC ou Grid Computing, est primordiale pour accélérer ce type d’approche.

 

Ma mission au centre Inria de Rennes, a consisté à concevoir et mettre en place ce genre de plateformes informatiques suivant un modèle de catalogue de services et consommation à la demande, connue aujourd’hui sous le terme de « CLOUD COMPUTING », ce qui permet d’accélérer le transfert technologique du domaine de la recherche en Bio-Informatique vers l’industrie, afin de faciliter la découverte de nouveaux motifs, nouveaux médicaments, et un des projets auquel j’ai participé avait comme objectif de mieux comprendre et ainsi combattre le cancer du sein chez les enfants entre zéro et trois ans.

 

Ce qui est génial chez Inria, c’est les rencontres que l’on peut faire, les collègues avec qui on peut échanger, c’est les pontes des différents domaines que l’on rencontre et avec qui l’on travaille. C’est aussi les scientifiques avec qui on identifie et relève de nouveaux défis, partage nos connaissances et surtout en développer de nouvelles. C’est aussi les amitiés qu’on établit. Je suis toujours en contact avec pleins de personnes d’Inria. »

En quoi votre expérience à l’Institut a « guidé » votre parcours professionnel ?

« Travailler dans le merveilleux monde de la R&D, au sein d’Inria, adresser un sujet méconnu de l’industrie, développer une expertise pointue autour d’un sujet de recherche qui se retrouve plusieurs années plus-tard comme étant le sujet phare au sein de l’industrie vous permet d’avoir une bonne avance sur le marché. »

Portrait de Marie-Noëlle Poulain, Responsable du bureau de la coordination et de la communication, Université Pierre et Marie Curie

Inria Alumni est allé à la rencontre de Marie-Noëlle Poulain, Responsable du bureau de la coordination et de la communication pour la Direction générale de la recherche et du transfert de technologie à l’Université Pierre et Marie Curie, anciennement Chargée de communication pour Inria Rocquencourt.

 

Des postes variés

 

Diplômée d’un DUT en communication Marie-Noëlle Poulain a d’abord travaillé dans le cinéma comme assistante réalisateur sur des films scientifiques ou d’entreprise. Elle devient ensuite responsable de la librairie des éditions de l’IRD (Institut de recherche pour le développement).

En quête d’un autre destin, l’idée de reprendre ses études la taraude. Elle décide de prendre un congé formation. Dans ce cadre, elle effectue un DESS « Systèmes d’information multimédia » à l’Université de Picardie, Jules Verne.

Elle devient ensuite webmaster dans une communauté d’agglomération, mais son appétence pour la science la pousse à chercher un poste pouvant lier ses sujets de prédilection : la communication et la recherche.

Un parcours résolument tourné vers la recherche

En 2003, elle passe le concours pour entrer chez Inria et devient alors chargée de communication au centre de Rocquencourt. A cette époque, il n’y avait pas encore de service communication.

 

« C’était très intéressant car il a fallu mettre en place beaucoup de choses, notamment au niveau de la communication interne. »

 

Ce qui ressort de son expérience chez Inria, c’est avant tout la création et le développement de projets (la matinée des nouveaux arrivants, la fête de la science, le salon de la culture et des jeux mathématiques, le jeu Mémoire vive …), les partenariats avec les académies d’Île-de-France et aussi l’organisation de belles manifestations au niveau régional, notamment avec le centre Inria Saclay.

 

« Nous travaillions vraiment en réseau avec la direction de la communication et les autres centres, en mutualisant les savoirs et les compétences des différents communicants. »

 

Un désir de voir autre chose, une sensation d‘avoir fait le tour de ses missions … Marie-Noëlle quitte finalement l’institut en 2008 après 5 ans d’activité.

Elle décroche alors un poste à Télécom ParisTech, où elle découvre le fonctionnement d’une grande école d’ingénieurs . Son travail reste en lien avec les sujets qu’elle affectionne, notamment avec la recherche grâce aux relations qu’elle entretient avec les laboratoires.

 

« À Télécom ParisTech, il s’agissait des mêmes domaines d’activité que chez Inria, des mêmes thèmes : la création d’entreprise, l’innovation … montrer que la recherche est au cœur de la société et de l’économie. »

 

De par son activité, elle reste attachée à Inria et, en 2009, elle entre au conseil d’administration d’Inria Alumni. Pour l’association, elle apporte ses compétences de communicante et gère notamment le projet de charte graphique.

 

En juin 2012, elle quitte Télécom ParisTech pour prendre ses fonctions à l’Université Marie Pierre Curie où elle a élargi ses missions :

« À l’université, je m’occupe de la coordination entre les différents bureaux de la direction générale de la recherche et du transfert de technologie et les autres directions de l’UPMC. Je suis également chargée de la communication avec les laboratoires, je fais donc beaucoup de communication interne. Le travail est très riche et passionnant. L’échelle est importante, l’UPMC est une structure locale de 10 000 personnes !».

 

Inria Alumni a hâte de connaître la suite des aventures de Marie-Noëlle … Rendez-vous au prochain épisode !