Portrait d’Annie-Laure Colomb-Reinmann, Consultante-Manager

« Progresser et faire progresser », une expression qui pourrait résumer le parcours professionnel d’Annie-Laure Colomb-Reinmann. Aujourd’hui, manager dans une société de services numériques et membre passionnée de l’association Supplément dăme, elle nous raconte son parcours atypique dont elle est fière.

Annie-Laure se qualifie de « mathématicienne obligée » car c’était son point d’excellence. A 15 ans, elle décide de passer le concours d’institutrice qu’elle ne réussit pas. Elle décide donc de s’investir dans des études supérieures et fait en 1986 un doctorat « Etude de jeux à deux joueurs en information incomplète », avec Pierre Bernhard, directeur du centre Inria Sophia Antipolis – Méditerranée.

 

« Ce qui était passionnant chez Inria ? Les échanges très riches avec des spécialistes, des étudiants d’autres pays, l’ouverture et la curiosité, l’envie de progresser et l’enthousiasme de Pierre Bernhard. »

Elle enchaine avec des postes en Recherche et Développement en région parisienne, dans le monde de l’industrie, dans les domaines de la Mécanique des Fluides et de la Sécurité.

« J’avais besoin de voir les résultats de mon travail rapidement … »

Pour construire sa vie de famille, elle quitte la capitale pour s’installer à Lyon. C’est le grand saut, le départ pour une nouvelle vie avec époux et enfant. Elle prend de nouvelles fonctions dans une société de services et conseil.

« J’ai du reconstruire ma carrière, j’ai changé une nouvelle fois de métier. »

Nouveau rebond, sa société ferme. Jamais découragée et toujours en quête de nouvelles perspectives, elle décroche un poste de consultante chez T-Systems.

« C’était une nouvelle fois l’occasion d’élargir mon horizon, mes compétences et de progresser dans mon métier. »

Un projet qui l’a particulièrement marqué : le projet SNCF du centre de contacts « Accès Plus » visant à faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite sur le réseau ferroviaire national.

« La collaboration avec une chef de projet aveugle fut très enrichissante pour mon équipe et pour moi : la nécessité de re-contextualiser nous a permis d’améliorer notre communication. »

Elle devient ensuite manager et acquiert de nouveaux clients tout en développant son expertise, notamment en conduite du changement et dans la gestion de projets complexes.

« Ce fut une belle opportunité de prendre en charge de nouveaux dossiers, de nouvelles équipes. Je pilotais de gros projets, c’était presque comme une petite entreprise. »

Annie-Laure Colomb-Reinmann travaille aujourd’hui dans une Entreprise de Services Numériques. Accoutumée, au vu de son parcours à se battre, elle démontre, une fois encore, sa forte personnalité et sa ténacité.

« Ma vision à court terme ? Conquérir de nouveaux clients, développer le business pour faire progresser mon entreprise […]. Une de mes plus grandes fiertés est de faire progresser et grandir mes collaborateurs. »

Si Annie-Laure a consacré beaucoup d’énergie dans la construction de sa carrière professionnelle, elle n’en reste pas moins investie dans des associations (accueil d’un enfant ukrainien et depuis 10 ans : parrainage de deux enfants du Burkina Fasso) et, plus particulièrement dans l’association Supplément dăme, qui œuvre pour la promotion d’une juste place des femmes dans l’économie et la société.

 

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3 questions à François Bancilhon, directeur de Data Publica et président de l’association Inria Alumni

« Aujourd’hui, les données constituent les briques de base de la société de l’information. Leur quantité est en croissance exponentielle. Elles représentent déjà des masses considérables pour lesquelles on recourt à de nouvelles mesures. Ces données offrent un potentiel extraordinaire que l’on commence à exploiter. Elles permettent de générer des connaissances, qui étaient soit hors d’atteinte, soit inexistantes, parce que hors du domaine du pensable. » Le Monde

Afin d’illustrer les enjeux liés à ces données, Inria Alumni est allé à la rencontre de François Bancilhon, fondateur et directeur de Data Publica, également président de l’association Inria Alumni, autrement dit, expert en la matière.

 

Si je vous parle du nouvel or noir, qu’est-ce que cela vous évoque ?

François Bancilhon : « On a beaucoup utilisé le paradigme de l’or noir pour décrire le big data (ou la data tout court). L’analogie a un certain sens : les données sont un nouveau moteur économique et une façon d’accélérer notre développement. Mais elle a aussi ses limites : le pétrole est une ressource finie sur terre, et qui une fois utilisée disparaît (parfois sous forme de pollution). La donnée est infinie, c’est à nous de l’extraire et de la générer et comme tout bien immatériel, plus on l’utilise et plus elle est utile. Je préfère l’analogie de l’eau, qui circule, qui se traite et se purifie et bonifie par son passage. »

On attribue au big data des capacités prédictives. La France et l’Europe accusent un certain retard, notamment par rapport aux Etats-Unis. A quoi ce retard est-il dû ?

François Bancilhon : « Les capacités prédictives du big data sont reconnues et démontrées. Le simple exemple de la prédiction très précise de la courbe du chomâge aux Etats-Unis à partir de la requête « employment benefits » sur Google le démontre. Donc la capacité à recueillir, traiter et analyser les données massives est essentielle pour toute entreprise ou tout pays.

Je serais moins pessimiste que vous sur le retard de la France et de l’Europe par rapport aux Etats-Unis sur ce sujet. Il y a en France et en Europe de nombreux projets en cours, chez de nombreux utilisateurs, de nombreuses start ups ou ETI sont présentes sur ce domaine. En France seulement, une simple session des Data Tuesday (rencontre mensuelle de la communauté Data) est suffisante pour mesurer l’énergie de ce secteur.

En revanche, nous souffrons clairement en Europe d’une absence de maitrise des données de base des réseaux sociaux (Linkedin, Google, Facebook, Twitter) qui sont toutes sous contrôle des Américains, donc nous avons un déficit en terme de contenus, ce qui est notre défi majeur à ce jour. »

Le big data serait-il la nouvelle étape de l’informatisation du monde ?

François Bancilhon : « Plus que ça, le big data est une nouvelle étape dans l’optimisation du fonctionnement des grandes organisations complexes : des systèmes complexes tels que le système de santé, le système éducatif, le système de distribution de l’énergie, le système des transport ou le système de gestion de l’emploi d’un pays, peuvent être optimisés de façon massive grâce à l’utilisation systématique et intelligente des données. L’impact sur la vie de tous les jours en sera majeur : le big data participe donc pleinement de la révolution économique que nous sommes en train de vivre. »