Le projet Software Heritage : créer une « bibliothèque d’Alexandrie » du logiciel

Inria a annoncé en juin, la mise en ligne de Software Heritage, une initiative ambitieuse qui a pour objectif de collecter, organiser, préserver, et rendre accessible le code source de tous les logiciels disponibles publiquement.

Un défi sociétal, technique et scientifique

L’objectif principal de Software Heritage est de construire à la fois une moderne « bibliothèque d’Alexandrie » du logiciel, un référentiel unique du code source et un grand instrument de recherche pour l’Informatique : un défi sociétal, technique et scientifique.

En effet, selon Inria, il s’agit d’une composante essentielle pour préserver, développer et diffuser la connaissance qui se trouve aujourd’hui encodée dans le logiciel, ainsi que notre capacité d’accéder à l’ensemble de l’information numérique.

Une plateforme pour réunir et de préserver l’ensemble des logiciels libres distribués sur Internet

Créer une sorte de Wikipedia du logiciel libre, où tous les projets placés sous licence libre pourraient être réunis et mis à disposition de la communauté, c’est l’ambition du projet qui rassemble déjà près de 20 millions de projets logiciels, et prévoit d’en ajouter bien plus encore. Avec plus de deux milliards et demi de fichiers sources uniques archivés , ainsi que tout l’historique de leur développement, la plateforme est d’ores et déjà l’archive de code source la plus riche de la planète.

Roberto di Cosmo, directeur du projet,  a donné à Next Inpact les raisons principales qui ont poussé à cette réflexion et au développement du projet : « Aujourd’hui, si vous voulez la traçabilité du code, faire de la recherche ou de la sécurité, il faut aller voir un peu partout : sur le site du projet, GitHub, etc. Nous voulions un endroit unique dans lequel on pourrait retrouver n’importe quel code source ». 

Le soutien de la communauté et des partenaires

Ce projet Software Heritage devrait atteindre rapidement une dimension internationale. Il est porté par les acteurs du logiciel libre. Jean-François Abramatic, un des trois conseillers scientifiques de Software Heritage aux côtés de Gérard Berry et de Serge Abiteboul, souligne le parallèle qui existe entre ce projet et le Consortium international World Wide Web (W3C), qu’il a dirigé de 1996 à 2001. « Il s’agit désormais de créer quelque chose qui va appartenir à tout le monde, qui est né comme un projet avant de devenir un consortium et de créer une communauté autour d’un projet collaboratif ». (propos recueillis dans l’article du lemagit.fr publié le 19/07/2016)

Deux premiers partenaires internationaux se sont déjà engagés pour soutenir le projet et l’aider à grandir : Microsoft et DANS, une institution de l’Académie Royale des Arts et des Sciences et l’organisation néerlandaise dédiée à la préservation et à la promotion de l’accès aux données des recherches sur le numérique. « Microsoft a été impliqué dans des initiatives open source en facilitant, en intégrant, et en contribuant à de nombreux projets et communautés open source depuis plus d’une décennie » , explique Jean Paoli, General Manager chez Microsoft Corp . «Nous applaudissons le projet Software Heritage comme un projet ouvert qui contribuera à organiser et conserver la connaissance sous la forme de code source pour les générations futures, et aidera les générations actuelles de développeurs à trouver et à réutiliser le code dans le monde entier. Nous sommes fiers d’être l’un des premiers partenaires industriels à soutenir cette initiative et de mettre à disposition l’infrastructure Cloud Azure pour contribuer à assurer la robustesse et la disponibilité des données ».

Tous concernés, tous contributeurs

Software Heritage a déjà reçu le soutien de scientifiques, d’industriels, de sociétés savantes, de fondations, d’organisations indépendantes et institutionnelles.

Après avoir lancé le projet, avoir démontré sa faisabilité et avoir établi les premiers partenariats, Inria lance dès aujourd’hui un appel mondial à tous les contributeurs à rejoindre cette initiative.

Sources