Rencontre avec Olivier Clatz, Président et co-fondateur de Therapixel

Que fait Therapixel ?

Olivier Clatz
© Inria / Photo G. Maisonneuve

Therapixel est éditeur de logiciel, spécialisé en imagerie médicale.

Le cœur de la technologie est algorithmique : il permet la reconnaissance de formes dans les images. Deux applications sont issues de ce savoir-faire. Tout d’abord, une commande « sans toucher »  de notre logiciel. Cette commande permet par exemple à un chirurg

ien en cours d’opération de faire monter sur un écran les images médicales dont il a besoin sans avoir à retirer ses gants. Par un langage des gestes très ergonomique, le chirurgien peut ainsi naviguer rapidement dans le dossier d’imagerie du patient en salle d’opération et avoir accès à toutes les données pour son intervention. La seconde application est l’assistance à l’interprétation des images médicales.

 

Nous considérons qu’il est très important que Therapixel continue à développer son réseau de partenaires pour améliorer la performance et la pertinence de ses outils. Nous gardons bien évidement un lien étroit avec Inria, mais nous sommes aussi allés chercher des partenaires cliniques pour développer nos applications. Par exemple : le CHU de Nice, le centre Antoine Lacassagne à Nice, le Centre François Baclesse de Caen, l’APHP, le CHU de Rouen comptent parmi les partenaires de développement de Therapixel.

Quelle est votre vision des prochains défis technologiques dans votre secteur ? 

L’intelligence artificielle va avoir un impact majeur sur le diagnostic radiologique : dans le futur, les algorithmes vont aider les radiologues à mieux détecter les lésions et à les interpréter.

La majorité des examens d’imagerie sont interprétés aujourd’hui par des radiologues sans assistance spécifique. On peut très bien imaginer que les algorithmes, dans un futur proche, seront capables de prétraiter les données pour fournir une première interprétation. Le radiologue interviendra alors dans un second temps pour valider ou adapter l’interprétation de la machine.

La mise en œuvre de cette vision requiert cependant un travail très important sur la qualité de détection des algorithmes : la confiance des radiologues dans la machine ne se fera qu’à condition qu’elle démontre un niveau de performance équivalent à l’assistance d’un collègue.

Therapixel est en cours d’adaptation pour construire une stratégie autour de cette nouvelle tendance de fond.

Quel est votre parcours avant la création de Therapixel et quelle a été votre motivation ?  

Après une thèse chez Inria et un post-doctorat à Harvard, j’ai été chercheur au sein de l’Institut pendant 6 ans. Très vite l’idée de créer une entreprise m’a attiré.

La concrétisation a pris cependant beaucoup de temps, nous sommes passés par différentes étapes : construction d’une base logicielle pertinente pour un transfert technologique, recherche d’une offre et d’un business model associé, constitution d’une équipe, discussion des conditions du transfert…

L’aventure ne fait que commencer, de nombreux défis technologiques nous attendent. A terme, ce que nous voulons c’est que cette technologie soit accessible au plus grand nombre.

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Rencontre avec Michel Gien, Co-fondateur et Président de Twinlife

Que fait Twinlife ? 

Twinlife développe twinme, un service de messagerie mobile privée permettant d’effectuer des appels voix et vidéo en haute définition et de partager des contenus. Twinme ne nécessite pas de s’enregistrer avec un identifiant personnel (pas de numéro de téléphone, adresse mail ou identifiant de réseau social) ; twinme n’accède ni aux carnets d’adresses, ni à aucune information personnelle de l’utilisateur. Les informations de contact sont uniques à chacun des correspondants, non transférables et non utilisables par d’autres. Les interactions sont chiffrées de bout-en-bout et effectuées en peer-to-peer, c’est-à-dire, directement d’appareil à appareil, sans serveur intermédiaire enregistrant les contenus. Ce service donne la liberté d’interagir en ligne comme dans la vie réelle, avec un contrôle complet sur les communications digitales et la vie privée.

En dehors des personnes concernées par la maîtrise de leurs communications digitales, twinme est idéal pour les enfants par exemple. La solution permet de transformer une simple tablette en un outil de communication moderne et sécurisé. Sans numéro de téléphone, ni adresse mail, l’enfant ne peut pas découvrir des inconnus en ligne, ni être découvert. Les seuls contacts possibles sont ceux rencontrés en personne (famille et amis). Les parents sont donc rassurés et peuvent interagir avec leurs enfants lorsqu’ils sont loin d’eux. Les « petits » apprennent sans risque à utiliser leur première application sociale de « grand ».

Twinme est le fruit de la longue expérience de ses créateurs, anciens chercheurs chez Inria et France Telecom.

Quelle est votre vision des prochains défis technologiques dans votre secteur ?

Le premier concerne selon moi l’introduction de l’intelligence artificielle dans les conversations entre personnes et services (chatbots) permettant d’automatiser l’accès à des contenus pertinents, en fonction du contexte des conversations. Tout cela, en restant sous le contrôle des utilisateurs, en préservant leurs données personnelles et en élargissant le spectre de leurs choix (alors que les techniques actuelles auraient plutôt pour objectif de les réduire).

Quel est votre parcours avant la création de Twinlife et quelle a été votre motivation ?

Auparavant j’ai cofondé et fait partie de l’équipe dirigeante de deux startups technologiques sur les systèmes d’exploitation (Chorus Systems, issue d’un projet Inria en 1987 et vendue à Sun microsystems en 1997) et la virtualisation (VirtualLogix en 2002, vendue à Red Bend Software en 2010). Avant cela, j’ai effectué 15 années de recherche sur les réseaux d’ordinateurs et les systèmes d’exploitation chez Inria et France Telecom Labs.

Finalement, mon parcours est en grande partie commun avec celui de Christian Jacquemot, co-fondateur et CTO de Twinlife qui a rejoint Chorus Systems, en 1990.

Twinlife a été fondée début 2012 avec et sous l’impulsion de Christian Jacquemot, CTO, et la motivation d’essayer de rendre aux utilisateurs le contrôle de leur vie digitale qui leur échappe de plus en plus, sans qu’ils s’en rendent vraiment compte, la plupart du temps.

Pour cela, Twinlife a pour ambition de remettre en cause le modèle de mise en relation des services de télécommunication et de messagerie instantanée, fondé sur le numéro de mobile. Ce numéro fait désormais pratiquement office de numéro d’identification universel et pourtant il est public et partageable par tous nos contacts et la plupart des applications de leur smartphone. Cette situation soulève de nombreuses questions d’éthique, relatives à la protection de ses données personnelles et à la liberté de choix et de gestion de ses communications digitale.

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