3 questions à Célia Zolynski sur la transparence des algorithmes

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Célia Zolynski est intervenue le 13 novembre dernier lors de la Session Inria alumni et SIF qui portait sur la transparence des algorithmes. Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus sur son parcours ainsi que sur sa vision des défis qui nous attendent dans le domaine.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?

« Je suis Professeur agrégée de droit privé à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où je co-dirige le département Droit de l’immatériel et du numérique du laboratoire IRJS ; je suis également codirectrice du Master 2 PID@N de l’Université Paris Saclay. Mes activités de recherche et d’enseignement portent sur le droit du numérique, le droit de la propriété intellectuelle, le droit des affaires et les libertés fondamentales. Je m’intéresse tout particulièrement aux croisements des enjeux juridiques et techniques. En 2016, j’ai rejoint le Conseil national du numérique qui a pour mission de formuler de manière indépendante et de rendre publics les avis et les recommandations sur toute question relative à l’impact du numérique sur la société et sur l’économie. Je suis actuellement membre du Comité de la prospective de la CNIL, personnalité qualifiée du CSPLA et membre de la CERNA ; je copilote avec Daniel Le Métayer le GT 3 du projet TransAlgo sur la transparence des systèmes algorithmiques. »

En savoir plus sur le parcours de Célia Zolynski

Pourquoi faut-il se poser la question de la transparence des systèmes algorithmiques ?

« Il est essentiel de se poser cette question pour conditionner les décisions notamment quand il s’agit d’individus. Les enjeux sont à la fois politiques et économiques. Il faut préserver l’innovation et les modèles techniques tout en protégeant les intérêts des individus et leurs libertés. A ce sujet, le Droit est en construction.

En effet, on s’interroge sur la nécessité d’exiger une transparence des systèmes algorithmiques. On s’oriente d’ailleurs vers une définition de la transparence comme une forme d’intelligibilité de la décision prise sur ce fondement. Mais, dans le même temps, comment penser une obligation de vigilance de celui qui va utiliser ces systèmes pour éviter par exemple des discriminations sociales et raciales contraires au droit applicable car préjudiciables aux individus ? Certaines questions restent entières. »

Quelle est votre vision des prochains défis qui nous attendent en la matière ?

« On s’interroge sur les adaptations du Droit et ses effets sur la société. Le premier défi à mon sens est de continuer à fédérer la communauté académique en croisant nos différentes approches (informatique, juridique, sociologique, etc.). Le second, de concilier le potentiel de ces systèmes avec la protection des libertés fondamentales et les valeurs de nos sociétés européennes.  Pour ce faire, le travail de rencontres, d’explication, de propositions de solutions transdisciplinaires est indispensable, tout particulièrement auprès des acteurs publics. Nous devons continuer de nous investir dans ce sens. »

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Laura Bernard

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