Rencontre avec Elsa Nicol, co-fondatrice de Wattson Elements

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Que fait votre société actuellement ?

« Wattson Elements développe une solution de Port Connecté appelée Falco. Notre mission est d’accompagner les ports de plaisance qui souhaitent bénéficier de la performance de nouvelles technologies pour offrir le meilleur service à leurs plaisanciers.

Entre l’évolution des usages et le développement de nouvelles pratiques comme la plaisance collaborative, c’est évident, les ports de plaisance sont confrontés à une période de transition. Leur clientèle change et exprime de nouveaux besoins (davantage de services, plus d’accessibilité). Dans le même temps, les gestionnaires doivent répondre aux attentes de plus en plus exigeantes des autorités portuaires et du public en matière de rentabilité, de qualité et de protection environnementale.

Falco est une solution qui regroupe un ensemble de fonctionnalités réalisées grâce à un réseau de capteurs sans fil ultra-performant déployé dans le port et sur les bateaux. La particularité de Falco est d’apporter une réponse complète à la problématique des ports, en intégrant deux volets complémentaires :

  • Un volet destiné aux équipes de port, qui sécurise le plan d’eau et assiste à la gestion des opérations.
  • Un volet destiné aux plaisanciers, qui leur offre une connexion directe et permanente avec leur bateau et un accès privilégié aux services du port.

Un port équipé de Falco est un port plus sûr, plus performant, où les plaisanciers bénéficient d’un service de meilleure qualité et mieux adapté à leurs besoins. »

Quelle est la technologie cœur de métier ?

« Falco utilise une technologie de l’IoT issue de plus de trois ans de recherche à Inria et prouvée notamment lors du projet « Smart Marina » en collaboration avec le port du Cap d’Agde. Le projet Smart Marina visait à déployer l’Internet des objets (IoT) afin de fluidifier les allées et venues dans l’un des trois plus grands ports de plaisance européen, mais aussi de réduire les gaspillages d’électricité ou offrir de nouveaux services aux usagers.

Un port de plaisance est un environnement compliqué pour les technologies sans-fil : de nombreux ports ont d’ailleurs des difficultés à offrir le WiFi à leurs plaisanciers et doivent multiplier les points d’accès pour assurer une bonne connectivité. C’est un milieu changeant, lieu de nombreuses interférences et où il est difficile d’intervenir en cas de problème.

Falco utilise une technologie de réseau sans fil maillé, complexe à mettre en œuvre, associée à une solution logicielle bout-en-bout, du boîtier jusqu’au cloud, qui garantit une performance optimale, à savoir :

  • fiabilité au-delà de 99,999%
  • durée de vie de plus de 3 ans sur piles
  • programmation et maintenance à distance
  • sécurité des données certifiée
  • gestion de la mobilité

Les boîtiers Falco sont conditionnés pour l’environnement maritime et faciles à déployer, sans câbles à tirer. C’est une solution légère, flexible et qui constitue un faible coût d’investissement. »

Quelle est votre vision des prochains défis technologiques dans votre secteur ?

« Les solutions IoT sont nombreuses et touchent tous les domaines d’application. C’est devenu un véritable secteur d’industrie, dont le dynamisme est compréhensible quand on pense aux enjeux, aux perspectives de services et à leur impact sur nos sociétés.

Selon nous, les 3 grands défis auxquels le secteur va être et est déjà confronté sont :

  • l’agilité des technologies : pouvoir adapter dynamiquement la technologie radio en fonction de l’environnement dans lequel est déployée l’application,  
  • la sécurité : pour généraliser l’approche utilisée aujourd’hui et rendre l’intégration dans Internet encore plus facile,  
  • la standardisation des technologies et des protocoles de communication. Thomas Watteyne, de Falco, est l’un des acteurs du secteur qui contribuent à l’effort de standardisation. Il co-dirige un groupe de travail à cet effet à l’IETF, organisme international qui a standardisé les grands protocoles d’Internet. »

Quel est votre parcours avant sa création et quelle a été votre motivation ?

« Je suis ingénieure en mécanique de formation. J’ai envisagé un moment de faire un parcours académique mais à l’issue de mon Master recherche j’ai préféré me tourner vers l’industrie. J’aimais le travail d’équipe et je me suis découvert des compétences pour la gestion de projet.

En 2008 j’ai rejoint une PME dans la région de San Francisco, qui conçoit et fabrique des antennes marine. J’étais responsable du développement de nouveaux produits et en cinq ans j’ai mis en place les process d’ingénierie et de gestion de projet dont le site avait besoin pour livrer des contrats de plus en plus complexes.

De retour en France je suis devenue EPMO Manager (responsable de la gestion de projet) pour le Groupe Cobham, un groupe international de 11 000 employés. Ma mission était de développer les compétences des quelques 250 chefs de projet du groupe, sensibiliser les exécutifs à la gestion de projet et de portefeuille, et coacher les contrats les plus sensibles.

J’aimais ce rôle de coach qui permet de contribuer à des projets très divers, qui apprend à s’immerger rapidement dans des situations complexes et qui m’a permis de me perfectionner en management et leadership. Mais après trois ans j’avais surtout envie de retrouver un rôle d’action et de travailler à mon propre projet, plutôt que d’aider les projets des autres.

Je me suis intéressée au projet « Smart Marina » d’Inria fin 2017. C’était un projet de recherche, une preuve de concept qui avait démontré la performance de la technologie, mais tout était à faire sur le plan commercial et pour la construction du projet d’entreprise.

Avec mes quatre associés nous avons mûri le projet sous tous ses angles, notamment grâce à l’aide d’Inria, et un an plus tard nous avons créé Wattson Eléments.

Ma plus grande satisfaction à ce stade est d’avoir réuni autour de ce projet une équipe riche d’expertises et de parcours variés : à commencer par l’équipe fondatrice et nos partenaires. Nous avons déjà deux clients, deux ports pilotes : la Sodéal au Cap d’Agde et la Sellor à Lorient qui ont envie de voir Falco réussir et qui s’engagent à nos côtés dans un travail de co-construction d’une grande qualité.

Ce mois-ci nous avons été sélectionnés pour rejoindre les startups de l’incubateur Agoranov, un incubateur public qui accompagne les jeunes entreprises innovantes. Nous sommes fiers du chemin parcouru jusqu’à présent et heureux de compter parmi ces équipes d’entrepreneurs porteurs d’innovation. » 

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Laura Bernard

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