Rencontre avec Jean Philippe Thirion, PDG de Quantificare

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Que fait votre société actuellement ?

« Quantificare fait de l’imagerie médicale 3D, principalement pour de l’imagerie de la peau.

Nous avons 2 activités. Une activité de service pour les sociétés pharmaceutiques, dans les études cliniques. Nous collectons et analysons des images de la peau pour prouver l’efficacité de médicaments. Nous travaillons pour 8 des 10 plus grosses sociétés pharmaceutiques au monde et beaucoup d’entreprises de biotechnologies.

Une seconde activité, qui est la vente de systèmes 3D pour les chirurgiens plasticiens et les dermatologues esthétiques. Il s’agit d’appareils photographiques 3D et de logiciels qui permettent aux médecins de suivre leurs patients avec de la 3D et de mesurer ou de simuler des opérations. Avec ces produits, nous ciblons les cliniques privées et quelques hospitaliers.

Nous évoluons dans un secteur de niche, mais nous avons tout de même quelques concurrents. C’est pour cela que nous sommes en constante innovation, notamment sur les appareils 3D et les logiciels associés. Depuis 2001, notre croissante est constante. Le développement de notre société est autofinancé. Actuellement, Quantificare compte 55 collaborateurs. Nous approchons les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. »

 Quelle est la technologie cœur de métier ?

« Une partie de la technologie de Quantificare repose sur le fait de pouvoir reconstruire des formes 3D : cela comprend l’aspect logiciel mais également l’aspect matériel. En effet, nous développons nos propres appareils photographiques 3D.

L’autre partie, sur la manipulation des données : comment faire de la simulation et des mesures à partir d’objets reconstruits en 3D.

Enfin, le 3ème aspect technologique, c’est la communication : nous avons des data centers, qui nous permettent, pour les études cliniques, de pouvoir connecter un grand nombre d’hôpitaux à travers le monde et de monter des études dans lesquelles l’imagerie est utilisée dans le but de prouver l’efficacité de médicaments.

Nous avons collaboré avec Inria sur la manipulation des objets 3D et le traitement d’images associées. Nous avons également développé avec L’Université de Glamorgan (UK), des capacités de développement d’appareils photographiques : du hardware, et des aspects de communication. Cela nous a permis de créer un data center qui fonctionne depuis 2004, que l’on améliore de manière constante. Ce dernier nous permet d’être un acteur incontournable dans les études cliniques. »

 Quelle est votre vision des prochains défis technologiques dans votre secteur ?

« Le challenge va concerner les appareils mobiles : être capable d’adapter ce que l’on fait à des systèmes de type smartphone. Dans les études cliniques, nos clients ont de plus en plus besoin du contrôle par image et ce contrôle viendra d’acquisitions faites à partir de petites unités portables. Un autre défi sera d’avoir des systèmes qui permettent d’avoir une imagerie totale de la surface de peau d’une personne. Nous travaillons sur ces 2 aspects. »

Quel est votre parcours avant sa création et quelle a été votre motivation ?

« J’ai toujours voulu créer mon entreprise. Quand j’étais jeune étudiant je réfléchissais déjà à la création de ma société. Quand je suis entré dans le monde académique, j’avais déjà une double formation : à la fois en synthèse et traitement d’images (une thèse dans le domaine) et également, un cursus en MBA pour me préparer au projet entrepreneurial. 

J’ai été académique au sein d’Inria de 1990 à 1997, puis de 1997 jusqu’en 2001, Directeur Industriel dans une société : Health Center. Puis j’ai créé ma propre société.

 Ce qui me motive au quotidien, c’est d’être toujours confronté à des défis technologiques majeurs. La dimension internationale de notre société est aussi passionnante, nous avons plusieurs bureaux dans le monde (Etats-Unis, Brésil, Asie), nos collaborateurs viennent des 4 coins de la planète. »

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