Rencontre avec Baptiste Fosty, PDG d’Ekinnox

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Que fait votre société ?

« Notre société propose un dispositif médical d’analyse de la marche pour assister le personnel soignant en rééducation et lui permettre d’avoir un meilleur suivi de l’état de santé du patient et à obtenir davantage d’informations objectives dans le but final d’adapter les thérapies. 

En analysant le marché, nous nous sommes rendu compte que dans les structures spécialisées comme le Centre Hélio Marin de Vallauris (groupe UGECAM), notre partenaire historique, la rééducation de la marche était l’activité principale du personnel soignant : cela représente environ 70% de son travail. C’est en partie pour cela que les médecins voient un énorme intérêt à obtenir des données objectives.

ekinnox 2Aujourd’hui, nous cherchons à les adresser en proposant une solution simple et rapide à utiliser au quotidien avec un maximum de patients. La forme simple de notre produit démontre d’ailleurs cette volonté de répondre aux besoins de ce marché.  Il se présente comme un chariot roulant composé d’un ordinateur et d’une caméra. Facilement déplaçable et modulable, il mesure les principaux paramètres de la marche en moins de 5 minutes (vitesse de marche, longueur/largeur des pas, temps d’appui) et fournit une puissante plateforme d’analyse visuelle grâce aux vidéos 2D et 3D. »

La technologie cœur de métier est-elle issue d’Inria ?  

« Pour répondre à cette question, un rapide historique s’impose. J’ai intégré Inria à la fin de mes études. L’équipe projet STARS dans laquelle je suis arrivé, travaillait sur la reconnaissance d’activités à partir de caméras. Plusieurs domaines d’applications étaient concernés, comme par exemple la sécurité (récupération de données dans les aéroports, détection de mouvements de foule). De mon côté, je travaillais davantage sur la partie santé. Mon rôle au départ était d’évaluer les personnes atteintes d’Alzheimer, avec une caméra. C’est en travaillant sur un de ces projets que j’ai été amené à évaluer la vitesse de marche d’un patient, juste avec une caméra. C’est dans ce sens que l’on peut dire que la technologie de départ est issue d’Inria. Au contact des médecins, nous avons adapté cette technologie pour répondre à leurs besoins. »

Quelles ont été les évolutions majeures de votre secteur ces (50) dernières années ?

 

« Depuis des années, notre secteur regorgeait de connaissances théoriques. Si aujourd’hui il est possible de développer plus de technologies autour de la vision par ordinateur, c’est grâce à la démocratisation et à la puissance de calcul des machines qui sont de plus en plus importantes. C’est selon moi la plus grande évolution qui nous permet de développer des outils automatisés, plus simple et plus rapide à utiliser pour nos clients.

Néanmoins, dans le domaine médical, on constate que les mentalités sont dures à faire changer. De la pédagogie est nécessaire si l’on veut faire comprendre qu’un système comme le notre peut changer la vie quotidienne du personnel. »

Comment voyez-vous l’évolution de votre domaine cinquante prochaines années?

« D’un point de vue technologique la projection est complexe. De plus en plus de données numériques sont générées, notamment dans le domaine de la santé, ce qui implique aussi de plus en plus de besoins pour traiter ces données. Pour se faire, il est nécessaire d’adapter les infrastructures pour la gestion de ces données et d’en automatiser au maximum le traitement afin d’en extraire l’essentiel. C’est en quelque sorte une chaine sans fin. Les perspectives sont très intéressantes mais les besoins complémentaires colossaux. C’est vrai dans tous les domaines. »

Plus généralement, le monde numérique ?

« En 2010, dans le monde, il y avait 4 milliards d’objets connectés. En 2020 on en prévoit entre 50 et 80 milliards. Donc quand vous me posez la question « dans 50 ans », j’imagine que tous ces objets seront omniprésents. Tout sera connecté. En même temps tout sera de plus en plus invisible, de façon à ce qu’on ne s’aperçoive pas que l’on est aidé voire assisté. »

Comment, selon vous, Inria participe-t-il à l’évolution des recherches en sciences du numérique et quelle est son originalité ?

« Inria permet d’explorer les meilleures pistes d’amélioration du monde numérique, ce que les petites entreprises n’ont pas la capacité de faire. En étant aussi très impliqué dans le transfert technologique qui se passe d’ailleurs dans de très bonnes conditions, ce qui n’est pas le cas partout, cet Institut est un acteur essentiel pour faire évoluer le monde numérique. »

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À propos de l'auteur

Laura Bernard

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