Rencontre avec Denis Caromel, Président d’Activeeon

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Que fait votre société actuellement ?

« Activeeon est un éditeur de logiciels et de solutions open source fondé en 2007, spécialisé dans l’automatisation et l’accélération des traitements informatiques. Nous intervenons sur des problématiques qui nécessitent un temps de traitement conséquent comme : les analyses financières, de données, de Machine Learning, d’intelligence artificielle ou d’Internet des objets. En bref, nos clients font appel à nous lorsqu’ils doivent résoudre des problèmes d’automatisation et de traitement de grandes masses de données et/ou de temps de calcul important.

En France, nous travaillons par exemple avec des entreprises comme L’Oréal, Orange, Médiamétrie et des instituts comme le CNES et le CEA. Il faut savoir qu’Activeeon réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’international. En Angleterre, nous collaborons par exemple avec le gouvernement et des sociétés comme Legal & General. Nous sommes également en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis, en Australie, en Afrique et au Japon. Enfin, nous avons des partenariats avec des grands groupes comme Microsoft, Amazon, Google, Capgemini.

Dans le cadre de l’ouverture de ses Data Center Azure Cloud en France, Microsoft nous a choisi pour aider les grandes entreprises françaises à tester et valider Azure. Nous avons été en mesure d’exécuter des benchmarks hautes performances jusqu’à 20k cœurs avec des performances exceptionnelles. Avec l’orchestrateur d’Activeeon, il a fallu seulement 15 min pour déclencher et déployer 20 000 coeurs dans Azure, et planifier 20 000 tâches. La réactivité est tout aussi impressionnante, avec un temps de réponse de moins de 90 ms pour 99% des requêtes.

Activeeon est également en production dans le système hautement sensible de l’attribution pour le monde entier des Visas de Tourisme, Travail, Immigration et Réfugié Politique du Ministère de l’Intérieur du gouvernement du Royaume-Uni. La solution de Workflows et de Scheduling d’Activeeon permet l’intégration et le traitement de données massives, en provenance de multiples sources. Elle participe aussi la création d’une vue consistante et cohérente des données, structurée et automatisée en temps réel, pour décider avec le maximum de sécurité de l’attribution ou non de chaque Visa. Dans ce même ministère, Activeeon est aussi utilisé dans la plateforme d’analyse de données pour la réduction de la criminalité en Angleterre.

Aux États-Unis, Activeeon orchestre la plate-forme IoT de KOMAT’SU/JoyGlobal, un des plus grands constructeurs d’équipement miniers et des engins de construction (bulldozers, pelleteuses, etc.) »

Quelle est la technologie cœur de métier ?

« Pour la petite histoire, j’ai dirigé une équipe Inria, OASIS. Dans cette équipe, nous avons développé une bibliothèque open source pour la programmation distribuée et parallèle à très grande échelle. Cette bibliothèque a de très bonnes propriétés de fiabilité, d’exécution à très grande échelle, de résistance aux pannes et de stabilité (confluence des traitements, prouvée formellement).Lors de la création d’Activeeon, nous avons réalisé un transfert de technologies qui nous permet d’exploiter de façon exclusive, partout dans le monde cette technologie.

Au fil du temps, nous avons complété cette technologie de base avec des outils de scheduling, d’orchestration, de Workflows et de gestion des ressources.

Aujourd’hui, nous sommes en concurrences avec les plus grands, nous remplaçons des solutions comme IBM, BMC CONTROL-M, Computer Associate Autosys et Automic.

Ce qui fait notre unicité, est le fait que nous soyons efficaces à très grande échelle, utilisable par les personnes métiers non spécialiste IT, que nous intégrons la gestion des ressources ce qui représente une réduction des coûts importante pour nos clients à l’air du Cloud, et tout cela en open source. « 

Quelle est votre vision des prochains défis technologiques dans votre secteur ?

« Il me semble que nous avons déjà relevé 2 défis majeurs. Le premier est la gestion des ressources informatiques (machines physiques, machines virtuelles…), le second est la construction de chaines d’automatisation de traitement (Workflow). Nous venons d’ailleurs de sortir un nouveau produit « Machine Learning Open Studio » qui est très visuel et qui permet aux analystes de construire des traitements de machine learning de façon intuitive et simplifiée.

Selon moi, le prochain défi qui nous concerne ainsi que nos concurrents, c’est la capacité que l’on aura à faire du traitement de données à grande échelle tout en gérant des pannes et des coupures réseaux. Le tout, en proposant aux utilisateurs des interfaces simplifiées. En gros, nous devrons savoir proposer des solutions à très grande échelle avec de très grandes facilités d’utilisation et d’optimisation.

Et c’est pour continuer à innover que nous nous impliquons dans des projets de recherche avec Inria, mais également des IRT comme l’IRT St Exupéry avec ThalesAleniaSpace à Toulouse et Cannes. »

Quel est votre parcours avant sa création et quelle a été votre motivation ?

« Au début de ma carrière, j’ai travaillé en Californie, dans une startup innovante, ISE (Interactive Software Engineering). J’ai adoré cette expérience. En 1991, j’ai rejoint l’Université de Nice Sophia Antipolis, puis intégré un projet Inria en 1994, avant de diriger moi-même une équipe Inria en 2005. Quand en 2005 j’ai observé que des industriels commençaient à utiliser notre technologie développée dans le cadre de nos recherches, j’ai pensé naturellement à développer un projet de création d’entreprise, incité et encouragé en cela par Inria.

Ensuite, je me suis formé au management, à la finance, au marketing via un MBA à HEC Paris. C’était important d’acquérir ces compétences, pour développer ce projet entrepreneurial.
Gérer une entreprise est très enrichissant, c’est formidable mais c’est aussi très difficile. Une bonne journée dans la vie d’une startup innovante, c’est 2 mauvaises nouvelles et 1 bonne nouvelle. Je vous laisse imaginer ce qu’est une mauvaise journée… Une partie importante du stress vient de la nécessité de prendre une vingtaine de décisions par jour. C’est très exigeant, mais très stimulant, et cela me motive au quotidien. »

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Equipe Inria alumni

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