Rencontre avec Alexandre Winter, entrepreneur et Directeur chez Arlo

Parlez-nous de votre entreprise…

Alexandre Winter« La startup Placemeter que j’ai fondé en 2012 a été rachetée il y a deux ans par Arlo. Placemeter était spécialisée dans la mesure d’activité par vidéo, plus spécialement dans le comptage de véhicules et de personnes en environnement urbain et dans des lieux publics (mairies, centres commerciaux…).

La spécialité de Placemeter : effectuer des relevés de données grâce à des systèmes de capteurs, faciles à installer, équipés d’une caméra et d’un processeur réseau (pour transmettre les informations directement à un back-up sans passer par le cloud). Au départ, nos clients étaient surtout des professionnels de l’urbanisme, puis des commerçants (pour la mesure de leurs taux de transformation et l’optimisation du merchandising en magasin). Et finalement, l’application qui a le mieux fonctionné, c’est la publicité : l’installation de capteurs dans des systèmes d’affichage (panneaux abribus ou en bord d’autoroute).

En décembre 2016, quand le marché de la sécurité des maisons individuelles a explosé, l’entreprise a été rachetée par Netgear pour Arlo : le leader mondial des caméras de sécurité, qui détient plus de 40% de parts de marché aux États-Unis.

Depuis le rachat, le secteur s’est vraiment consolidé. Aujourd’hui la bataille concerne plus les services que l’on peut superposer aux systèmes de sécurité que les systèmes de caméras. Actuellement, nos clients sont en majorité des particuliers et nos concurrents sont Google, Amazon. Nous sommes les derniers indépendants. »

 

Quelle est votre vision des prochains défis technologiques dans votre secteur ?

« Il y a eu énormément de progrès en intelligence artificielle ces dernières années, mais beaucoup de problèmes ne sont pas encore résolus, notamment dans tout ce qui touche à l’analyse de la vidéo, du mouvement et des activités. Il est clair que l’on constate des avancées, mais nous manquons encore de modèles économiques déployables à grande échelle. Nous savons reconnaître des objets, des gens, mais l’analyse de scènes plus complexes reste approximative. Localiser et suivre plusieurs, voire un grand nombre d’objets en mouvement simultané, avec de surcroit un point de vue mouvant, est quasi impossible aujourd’hui.

arloEn bref, il reste de nombreux challenges très intéressants à relever ! Chez Arlo, nous travaillons avec des universités et des laboratoires sur des problématiques d’apprentissage non supervisé. Nous réalisons également de travaux en edge computing. Nos défis sont à 50% liés à l’ingénierie et à 50% scientifiques. « 

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Pourquoi les US ?

« La première entreprise que j’ai créé en janvier 2000 avec Chahab Nastar et Sébastien Gilles, LTU Technologies (spin-off d’Inria) était spécialisée en reconnaissance d’images. Nous avons développé une forte activité commerciale à Washington auprès du gouvernement fédéral américain. En 2003, l’essentiel de notre chiffre d’affaires provenait des Etats-Unis, mais nous n’avions pas de présence là-bas. J’ai donc changé de continent pour développer un bureau outre atlantique. Au départ, j’étais parti pour un an et finalement ça fait 15 ans !

J’ai encore beaucoup de liens avec la France, je travaille régulièrement avec des ingénieurs français. Placemeter avait un bureau de R&D à Paris, avec 4 ingénieurs qui étaient parmi les meilleurs de mon équipe. Ma prochaine startup aura probablement également un bureau de développement en France. »

 

[Inria Business Club] Les vidéos de la Rencontre annuelle du Club qui s’est déroulée le 21 mai sont en ligne !

Pour la seconde année, Inria Business Club a organisé sa rencontre annuelle à Station F. Cette année, elle avait pour thème : « Cloud interne, Cloud public , Cloud hybride : quel choix face aux dernières avancées ? »

 

Cet événement était également l’occasion de présenter les nouveaux membres du Club et des revenir sur les récentes levées de fonds des sociétés.