3 questions à François Bancilhon, directeur de Data Publica et président de l’association Inria Alumni

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« Aujourd’hui, les données constituent les briques de base de la société de l’information. Leur quantité est en croissance exponentielle. Elles représentent déjà des masses considérables pour lesquelles on recourt à de nouvelles mesures. Ces données offrent un potentiel extraordinaire que l’on commence à exploiter. Elles permettent de générer des connaissances, qui étaient soit hors d’atteinte, soit inexistantes, parce que hors du domaine du pensable. » Le Monde

Afin d’illustrer les enjeux liés à ces données, Inria Alumni est allé à la rencontre de François Bancilhon, fondateur et directeur de Data Publica, également président de l’association Inria Alumni, autrement dit, expert en la matière.

 

Si je vous parle du nouvel or noir, qu’est-ce que cela vous évoque ?

François Bancilhon : « On a beaucoup utilisé le paradigme de l’or noir pour décrire le big data (ou la data tout court). L’analogie a un certain sens : les données sont un nouveau moteur économique et une façon d’accélérer notre développement. Mais elle a aussi ses limites : le pétrole est une ressource finie sur terre, et qui une fois utilisée disparaît (parfois sous forme de pollution). La donnée est infinie, c’est à nous de l’extraire et de la générer et comme tout bien immatériel, plus on l’utilise et plus elle est utile. Je préfère l’analogie de l’eau, qui circule, qui se traite et se purifie et bonifie par son passage. »

On attribue au big data des capacités prédictives. La France et l’Europe accusent un certain retard, notamment par rapport aux Etats-Unis. A quoi ce retard est-il dû ?

François Bancilhon : « Les capacités prédictives du big data sont reconnues et démontrées. Le simple exemple de la prédiction très précise de la courbe du chomâge aux Etats-Unis à partir de la requête « employment benefits » sur Google le démontre. Donc la capacité à recueillir, traiter et analyser les données massives est essentielle pour toute entreprise ou tout pays.

Je serais moins pessimiste que vous sur le retard de la France et de l’Europe par rapport aux Etats-Unis sur ce sujet. Il y a en France et en Europe de nombreux projets en cours, chez de nombreux utilisateurs, de nombreuses start ups ou ETI sont présentes sur ce domaine. En France seulement, une simple session des Data Tuesday (rencontre mensuelle de la communauté Data) est suffisante pour mesurer l’énergie de ce secteur.

En revanche, nous souffrons clairement en Europe d’une absence de maitrise des données de base des réseaux sociaux (Linkedin, Google, Facebook, Twitter) qui sont toutes sous contrôle des Américains, donc nous avons un déficit en terme de contenus, ce qui est notre défi majeur à ce jour. »

Le big data serait-il la nouvelle étape de l’informatisation du monde ?

François Bancilhon : « Plus que ça, le big data est une nouvelle étape dans l’optimisation du fonctionnement des grandes organisations complexes : des systèmes complexes tels que le système de santé, le système éducatif, le système de distribution de l’énergie, le système des transport ou le système de gestion de l’emploi d’un pays, peuvent être optimisés de façon massive grâce à l’utilisation systématique et intelligente des données. L’impact sur la vie de tous les jours en sera majeur : le big data participe donc pleinement de la révolution économique que nous sommes en train de vivre. »

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